Personne à chat, amateur de chats, est la façon de désigner le monsieur qui va jouer un rôle central dans ce film dont l'affiche est particulièrement nulle.
Il s'agit d'un puzzle laborieux qui a l'ambition de raconter une histoire mélangeant suspens, angoisse, fantasmes, féminisme revi-sité, violences et cauchemars saupoudrés d'humour au Xe degré. Cela commence bien par le portrait d'une étudiante qui fait un petit job dans un cinéma en y vendant des gourmandises. Un client se fait remarquer par ses choix au départ desquels nait une sorte de séduction angoissée par la question de savoir si ce monsieur est un tueur en série comme ceux dont les films projetés dans cette salle racontent les histoires terrifiantes dont seules les dialogues effrayants nous parviennent. La bande sonore et la musique du film sont très travaillées et méritent une attention particulière car le rôle du son est important dans ce genre de films qui visent à créer l'effroi.
Bien entendu, cette jeune fille vit sur un campus dans un logement un peu glauque où se passent des choses bizarres. Si vous avez envie de les connaître, allez voir le film. Il est particulièrement mal structuré et les enchaînements des faits, les images mentales et les cauchemars se mélangent de façon aussi lourdingue qu'insigni-fiante. Sauf si l'intention est de créer la confusion totale chez le spectateur.
La réalisatrice, scénariste, n'en est pas à ses débuts après des séries télé et d'autres fictions qui n'ont pas cassé la baraque. Et c'est dommage ici car ce film réunit tous les éléments nécessaires à un moment de délassement : un bon casting (ne ratez pas Isabella Rossellini), une photographie très affirmée, des idées si non nova-trices, du moins incérées avec à propos pour relancer l'histoire à suspens qui rebondit lourdement parce que rien n'est crédible dans ce type de film de genre, le thriller psychologique. Bref, il n'y a pas de quoi fouetter un chat.