Simone Signoret et Jean-Pierre Léaud chez Mad Max.
Le film se laisse voir parce qu’il est bien joué (un coup de chapeau à la Maman : Sara Forestier, formidable !), mis en scène de façon classique mais efficace, bien rythmé même si, ici ou là, des redites, des longueurs, pèsent un peu.
C’est sans doute le « chapitrage » qui en rend le déroulement presque fastidieux. Chapitrage dans le double sens du terme : découper en chapitre, et faire des remontrances.
Le petit qui démarre mal dans la vie. Le voilà ado, et les choses vont de mal en pis, les sanctions s’alourdissent, les épreuves se complexifient, les rencontres deviennent très difficiles à gérer. La chronologie est respectée de façon linéaire, les ellipses de temps sont d’évidence, et lorsque reprend le récit « quelque temps après » c’est pour nous montrer une étape supplémentaire, nous démontrer les limites et les vertus de la judiciarisation du suivi des jeunes délinquants.
Il en est des paquets, en centres fermés, en centres ouverts, qui tournent mal, qui s’amendent. Bref une démonstration de ce que ce milieu si difficile recèle de plus douloureux. Juges, procureurs, encadrants dévoués,... Et jeunes victimes d’une société qui ne les aime plus.
L’on partage la souffrance, lorsqu’elle est bien montrée, incarnée avec talent. Il y a quelques scènes tire-larmes. Mais il est impossible de se départir du sentiment que tout cela est convenu, téléphoné, structuré comme il faut pour que le spectateur soit submergé par l’aspect « Zola » du récit. Les dialogues sonnent très juste, mais à la longue, l’impression se renforce qu’ils sont transcrits d’une attentive observation car ils ne dépassent guère le niveau simple des échanges nécessaires à faire avancer l’histoire. Comme le film dure deux longues heures, le spectateur à le temps de voir ce qu’il aurait sans doute fallu couper. Parce que c’est répétitif, parce que c’est prévisible, parce que cela n’apporte plus grand chose.
Bref, la tête plutôt lourde que haute.