Vous allez adorer ce film si vous aimez le blues, le gospel, le (negro) spiritual, la technique responsorial pour chanter en chœur, la très belle image, et la mise en scène qui inclut la comédie musicale, le ballet, et pour autant que les expressions liées à l'adoration de dieu, les Ô Lord, et les God, sans cesse évoqués avec une naïve vé-hémence ne vous irritent pas trop. Un film pour les nostalgiques de Porgy and Bess qui nous conte une quarantaine d'années durant, l'histoire d'une petite communauté noire de Géorgie, entre 1909 et 1947, les époques étant clairement annoncées par des titres. Il y a beaucoup de monde qui interagit mais l'essentiel du drame repose sur deux sœurs qui seront brutalisées et cruellement séparées. L'histoire doit se découvrir au fil des ans. Elle ne manque ni de rebondissements ni de scènes échevelées. Certaines se passent dans un « juke » et j'ai appris que ce terme désigne un local destiné
à la dance avec orchestre. L'un des personnages centraux est in-terprété par Oprah Winfrey, coproductrice avec e.a. Quincy Jones et Steven Spielberg qui avait adapté déjà cette comédie musicale en 1985 ! Le titre sans doute utilise la couleur porteuse de dignité... Ne dit-on pas « la pourpre cardinalice » ? Et ce qui m'a paru très intéressant c'est la partie en Afrique puisque certains Afro-Amé-ricains y retournaient de gré ou de force, et le réalisateur est gha-néen, musicien de grand talent spécialiste du hip hop... Bref un spectacle haut en couleurs et qui est nourri de plusieurs thèmes autant anciens que d'actualité : l'inceste, la brutalité bestiale des hommes vis-à-vis des femmes, le racisme aussi et le désir d'éman-cipation de femmes auxquelles rien ne permet d'espérer s'affran-chir de leur condition. Bref on en voit de toute les couleurs et c'est un feu d'artifice enthousiasmant.