Le cinéma mexicain n'est pas le plus envahissant sur nos écrans,
\- del Toro (477-915), Iñarritu (114-213), Cuarón(577),... - ce qui déjà justifie un intérêt particulier pour ce film, 4e œuvre réalisée par ce cinéaste produit par le Mexique, mais aussi l'Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark...
L'histoire démarre fort puisque nous assistons à un meeting oppo-sant des travailleurs qui espèrent gagner leur vie grâce à une ex-ploitation minière qui pourrait s'implanter sur des terres défendues par un autre groupe soucieux de préserver l'environnement. La femme qui porte cette parole est conspuée et subit des exactions policières violentes ; elle disparaîtra. C'est son fils que nous suivrons dans la recherche de sa mère, entreprise quelques années plus tard. Vous découvrirez sans doute ce mot « les aluxes » qui est la forme hispanisée de « alux » mot désignant chez les Maya des petits lutins associés à la nature, particulièrement aux forêts, aux caves, aux pierres et aux champs, pour les protéger. Ils habitent souvent dans des grottes.
Cette clé de lecture donnera du sens à nombres de dialogues et plus encore à certaines séquences dont la succession semble parfois
exprimer plus la volonté arbitraire du scénario mis élégamment en scène dans un format scoop pour l'intérêt de ces moments, mais sans beaucoup d'égard pour la continuité de l'histoire. Ces moments sont denses et dépaysants. Une vedette médiatique façon
« influenceuse », un artiste parvenu qui est d'une lourde fatuité et son épouse, actrice reconnue, un jeune couple d'amoureux qui se livre aux premiers émois du sexe sous l'œil très envahissant de la caméra, une communauté religieuse qui interagit sans que l'on ne comprenne vraiment, des moments inspirés par le film noir ou les thrillers psychologiques, le recours aux clichés liés à la drogue, la militance dans un pays que l'on sait à la dérive entre corrompus et corrupteurs surarmés, tout cela donne plus l'impression d'un riche buffet que d'un repas bien ordonné.
Le décor fascinant d'une maison étrange sert aussi de trem-plin à des moments qui se veulent audacieux. Il y a beaucoup de voyeurisme dans ce film mais nous restons un peu perdus, de nuit comme de jour.