Un film animalier ! Le papillon sort de la chrysalide, le serpent incarne la tentation à laquelle l'on succombe, la cougar part à la chasse...
Ce réalisateur est, à mes yeux, d'un exceptionnel talent qu'il met au service de ses films courageux. Carol (200) que je commentais en des termes transposables à ce film-ci ; Dark Waters (761), un film très militant aussi.
Nous voici embarqués dans le portrait d'une Amérique très clichée, les maisons sont spacieuses et confortables, les barbecues fastueux, les routes larges, sans problème de parking pour des voitures énormes. Les étudiants fréquentes des universités coû-teuses, et l'approche de la fin des études met un peu tout le monde sur des charbons ardents, en particulier les jumeaux de la famille. A ce moment-là resurgit un épisode de la vie de la mère de famille qui avait fait la rencontre de celui qui est devenu son mari, lorsqu'il avait 13 à peine. Elle était une adulte de 36 ans et le tollé que cela provoqua à l'époque est évoqué mais surtout fait l'objet d'un projet de film. La femme fut rapidement mère d'une fille née en prison, à laquelle elle a été condamnée.
L'histoire est inspirée par celle de Mary Kay Letourneau, drame complexe, douloureux et tourmenté dont le film n'évoque que certains aspects.
L'actrice qui incarnera la mère vient avec tact s'intégrer à la vie de famille pour mieux comprendre les liens et les émotions que créent de telles situations. Et plus encore, les souvenirs que l'on en garde.
La richesse et la complexité de la bande sonore est le reflet des méandres du récit, parfois difficile à décoder et vous entendrez la musique de The Go-between de Michel Legrand comme une allusion à ces amours de jeunes précoces avec des adultes, qualifiées de viol.
L'une des réussites du film me semble être l'usage métaphorique des miroirs, reflets de l'autres, de soi-même, de ses pensées, du regard indirect.
Et sans doute les mois choisis pour titre sont-ils aussi le reflet du printemps et de l'hiver de la vie.