Peter Greenaway est un metteur en scène de cinéma de tout premier plan : Meurtre dans un jardin anglais, Le ventre de l’architecte, Le cuisinier, le voleur, sa femme et son amant, The pillow boock, e.a. ont laissé dans les mémoires des souvenirs intenses de beauté, de singularité, de force esthétique d’une originalité et d’une puissance imaginative et visuelle peu ordinaires.
Il en est de même de ce film-ci. Mais je n’ai pas été subjugué. Le film est d’une construction excessivement baroque, esthétisante, alambiquée.
Les scènes, quasi hystériques, rythment l’histoire de façon chaotique. Bien sûr l’image est somptueuse, les scènes en lien avec la Mort vécue dans cette ville de façon mi- carnavalesque, mi-péni-tentielle, évoquent la folie de certaines œuvres de James Ensor, mais nous « tirent » un peu vers l’anthropologique, vers le documentaire. Momies, masques, cranes...
Certes Eisenstein passe quelques jours dans cette ville, Guanajua-to, pour y filmer surabondamment des images qui ne seront jamais montées par lui : Que Viva Mexico.
C’est très intéressant d’un point de vue artistique, politique, historique et tous ces aspects sont évoqués, abordés, illustrés avec plus ou moins de finesse. Hélas, je n’ai pas été convaincu.
Ce qui, pour moi, plombe le film, c’est la sodomie montrée avec force détail pour faire comprendre que Eisenstein allait connaître une expérience sans précédent dans sa vie. Certes. Mais so what ? Alors on pense au Dernier tango, à Brokeback mountain. Mais quel intérêt ? Sinon d’être audacieux, exhibitionniste et voyeur.
Ces dix jours très étranges passés au Mexique auront certainement bouleversé Eisenstein, mais le récit qui en est fait me semble un peu infantile, superficiel : l’amour, la mort, la création, l’exil politique, sont certainement un fond de sauce épicé.
Mais le plat qui l’accompagne ici me semble mal cuisiné, un peu lourd et indigeste.
Et je sais que ceux qui auront aimé me traiteront de nul qui n’a rien compris.