Un film qui a de la classe et qui va faire école, il restera une réfé-rence dans cette thématique de la scolarité des adolescents, grâce
e.a. au talent de Leonie Benesch qui porte le film.
Tout est réussi dans cette histoire austère et passionnante durant laquelle nous suivons, caméra au poing, une jeune enseignante, pendant des kilomètres de couloirs, confrontée aux problèmes d'un grand lycée, une école secondaire mixte de quartiers chics, fréquentée par des jeunes, vifs, aux caractères déjà très tranchés qui s'expriment de façon riche, parfois véhémente.
Les groupes qui vont interagir sont très clairement identifiés et personnalisés : classe, parents, secrétariat, direction et collègues dans... la salle des profs.
Un incident va déclencher une série complexes de réactions en cascade à tous les niveaux de cette communauté scolaire. Et c'est passionnant car tous les concepts que l'on théorise à longueur de débat, tel le racisme sournois, la délation sont ici confrontés à la réalité, aux complexités et aux différences de point de vue. Qu'il s'agisse de la liberté d'expression, de la liberté de la presse, la solidarité professionnelle, le respect de la vie privée et des règles nécessaires au vivre ensemble, la présomption d'innocence, les cas particuliers, l'instrumentalisation des adultes par les élèves, le pardon et j'en passe.
Cela donne lieu à des échanges passionnants et à une évolution des rapports interpersonnels absolument captivante.
La fin nous laisse sur notre faim car deux points de vue non tran-chés s'y mêlent qui ont du mal à cohabiter : la sanction et l'espoir optimiste d'un apaisement.
La bande sonore et la musique ajoute énormément aux ambiances et aux tensions qui dominent cet espace clos, à une courte excep-tion près.
C'est un hommage admirable aux profs qui consacrent leur vie et leur talent à préparer la jeunesse à affronter un monde qui ne leur fera pas de cadeau. Ce film en est un superbe.
C'est le 4e de la réalisatrice.