Un biographie qui louvoie entre le portrait d'un jeune homme, fleu-riste, attentif à sa grand-mère dont le couscous semble inégalable, et une mère ingérable à un tel point qu'elle est placée dans une ins-titution.
L'histoire commence lorsque cette dame s'échappe de l'endroit dans lequel elle est en traitement. Le film prend rapidement le rythme d'un road-movie ce qui nous vaudra des situations souvent amusantes, parfois émouvantes ou loufoques.
Tout est très bien dialogué et sous des aspects de film de comédie, le sujet nous fait percevoir une pathologie, l'état maniaco-dépres-sif, les comportements bipolaire et les troubles addictifs qui y sont associés, sujets moins souvent évoqués au cinéma que la trisomie, la dégénérescence sénile ou l'autisme me semble-t-il, qui ont été des sujets superbement traités dans des films de grande qualité. Le trouble bipolaire a été reconnu, défini et nommé ainsi en 1980, alors que cette pathologie existe depuis la nuit des temps.
Ce film-ci fait preuve de pudeur, abrite l'émotion qu'il provoque derrière des situations amusantes, des répliques de comédie. Agnès Jaoui est absolument sensationnelle, même si l'on pourrait considérer que parfois, elle en rajoute un peu, par son jeu, ses répliques, ses attitudes, ses tenues vestimentaires...
Tout cela contribue aux rires et aux émotions qui alternent durant la découverte de cette relation filiale pimentée par l'humour juif dont ici la « mama » use, traditions sépharades obligent.
La réalisation de ce premier long métrage est particulièrement séduisante par cet équilibre entre moments d'humour et d'amour, entre situations amusantes ou émouvantes.