Une nouvelle fois, (*Supereroi -1158) ce réalisateur au regard très ré-aliste, contemporain, proche de ses personnages, nous emmène dans un monde qui n'existe que par son imagination sensible et pleine d'humanité. Et il en faut pour réunir 4 (presque) suicidés dans la Volvo d'un Charon qui les balade la nuit, sous la pluie, et qui permet à chacun de porter un ultime regard, sur ce que furent les derniers moments de leur vie mais aussi de contempler ce que seront les propos tenus à leur égard, post mortem. Un femme flic dans la maturité, une gymnaste de très haut niveau, un mystifica-teur barbu et un enfant diabétique qui bat des records de goinfre-ries exhibés sur le net constituent ce quatuor suicidaire. Ils sont installés dans un étrange hôtel qui nous fait bien comprendre que ce ne sont plus des vivants ; ils sont d'ailleurs invisibles pour les autres, sauf pour leur guide avec lequel ils échangent des propos et cherchent des explications qui resteront vaines et inexistantes malgré ce qu'elles révèleront à chacun.
Vous apprendrez sans doute que le syndrome de Brugada est une maladie génétique rare qui est une cause de mort subite chez l'adulte.
Une semaine s'égrène durant laquelle leur guide va s'efforcer de leur rendre si non le goût de vivre, au moins l'envie de prolonger leurs existences. Y arrivera-t-il ? Pour le savoir, il faut payer sa place au cinéma.
Le film est inspiré d'un roman à grand succès écrit par le réalisateur et dont l'action se passait à New York. Nous voici à Rome, dans un univers qu'il est d'usage de qualifier de « réalisme magique » avec une personne mystérieuse qui ambitionne de gérer le destin des autres.
La bande sonore d'une grande richesse est due, pour la musique originale, à Maurizio Filardo qui a collaboré à plusieurs films de ce réalisateur dont le talent a été de très nombreuse fois célébré par de multiples prix. Une personnalité majeure du cinéma italien qui continuera à nous étonner, même si c'est au prix d'un petit effort pour s'approprier son univers étrange.