Dès la première séquence, le spectateur sait qu’il va adorer le film. Parce qu’il l’a vu cent fois déjà, d’une élégance toute Briti-sh, avec tous les éléments qui ravissent : une image très soignée, des acteurs exceptionnels, le gosse en particulier, des décors et des costumes d’un raffinement délicieux, un dialogue qui ravit les oreilles, même peu anglo-saxonnes, tellement c’est élégant.
Le récit est construit de façon complexe : plusieurs « temporalités » qui nous valent des flash-back très sophistiqués. Des histoires qui s’entrecroisent dans la mémoire lacunaire du héros vieillissant. Des lieux nombreux. Bref une sorte de confusion s’empare de nos esprits ravis par le charme ambiant.
Et sans doute cette confusion est-elle le vrai sujet du film : lorsque vient l’âge, s’en va la clarté d’esprit. C’est triste et, par moment pathétique.
Mais l’acteur qui est le détective privé en retraite, essayant de résoudre sa dernière enquête, est absolument extraordinaire : Ian MacKellen. LE rôle d’une vie. Rien que pour cela le film mérite d’être vu.
Le réalisateur a beaucoup travaillé comme scénariste et cela se sent. Pas tellement dans l’architecture générale de l’histoire qui, peut-être, garde certaines faiblesses.
Mais dans l’exceptionnelle qualité des ressorts mis en jeu pour chaque scène, pour chaque personnage, pour chaque décor. Tout y est enrichi d’une façon admirable de finesse, d’intelligence et de subtilité.
Bref, un film qui fait plaisir.