La traduction littérale du titre est « méchantes filles ». Et c'est bien le cas. Pour faire passer la pilule, il y a un emballage peu em-ballant de comédie musicale. Nous découvrons une adolescente qui intègre un établissement scolaire en cours d'année. La mixité culturelle et de genre, raciale, est dument représentée, oserais-je dire de façon scolaire ? Mais c'est une obligation aujourd'hui. Cette pauvre gosse sera en but à toutes les méchancetés de ses nouvelles camarades de classe et elle ne se privera pas de les imiter. Pour détendre l'atmosphère soudain se déclenche de loin en loin, 12 fois durant le film, une chorégraphie sur une chanson qui a la pré-tention de raconter une histoire en lien avec nos jeunes mégères et exprimer leurs souffrances et rivalités de midinettes.
Tout cela ne vaudrait pas qu'on s'y attarde s'il n'y avait un sujet sous-jacent aussi inquiétant que complexe, celui du harcèlement en milieu scolaire.
C'est ce qui fait l'intérêt du film, seconde adaptation au cinéma d'un livre sans doute intéressant, Queen Bees and Wannabes qui a pour ambition d'éclairer les parents sur des comportements adoles-cents comparés à ceux des reines des abeilles et leurs aspirants. Piquant !
Petits prérequis pour celles et ceux qui voudront voir ce film issu d'un grand succès à Broadway : La jeune arrivée se prénomme Cady (les jeux de mots sur Caddy sont nombreux !) sa rivale se pré-nomme Régina (subtil choix pour une reine des abeilles...). Cette dernière a deux fidèles suiveuses : Gretchen et Karen et ce qui les soude ce sont les codes vestimentaires et les punch lines qu'elles décochent en vrais snypers. Les body gards de Cady se prénom-ment elle Janis et lui Damian ; il vaut, rien qu'à lui seul d'aller voir ce film qui va vite et est très coloré. Et -- surprise -- il professe une morale : Traiter quelqu'un d'idiot ne te rend pas plus intelligent. Cette aphorisme s'applique bien au film : il ne rend pas plus intelligent.