Un triste mais intéressant exemple d'une embardée scénaristique et d'une sortie de route cinématographique. L'histoire commence en 1957 lorsqu'Enzo, le commendatore, doit faire face à de grosses difficultés financières : il ne vend pas assez de voiture pour entre-tenir son écurie de course automobile. Il est gravement en conflit avec son épouse qui détient certains leviers économiques de l'en-treprise, mais qui surtout ne s'est pas remis du chagrin de la mort de leur fils. Nous découvrirons par ailleurs qu'Enzo est père d'un jeune garçon né de la liaison avec une dame dont il partage toujours le quotidien. Et malheureusement toutes ces histoires s'entremêlent maladroitement, allant du mélodrame, à la surenchère des égos, de la course automobile aux amourettes fleur-bleue dans une confusion narrative qui est la cause sans doute de longueurs, de mollesses dans le récit. Il est pourtant fastueusement mis en scène, avec deux acteurs principaux remarquables, Adam Driver (le bien nommé) et Pénélope Cruz toujours remarquable. Mais tous les dialogues sont en anglais dans un pays de tifosi. C'est aussi maladroit et agaçant que de faire incarner Napoléon par un
acteur américain. Le réalisateur en est à son 15e long métrage et il a été très actif dans la production, à la télévision avec des succès et des échecs très contrastés. La séduction de pouvoir redonner vie à cette course mythique souvent gagnée par Ferrari mais ar-rêtée suite à l'accident terrible montré dans le film, aurait dû permettre un morceau de bravoure cinématographique. Hélas, la mise en scène de cette épopée durant laquelle les grandes marques, BMW, Mercedes, Alfa Romeo ont essayé de rivaliser avec la marque au cheval cabré, m'a semblé un peu poussive. La course dure 24 heures nécessaires à parcourir la distance Brescia-Rome aller-re-tour. Les effets techniques de prise de vue (caméras embarquées, drones,...) ne suffisent pas à donner à ces séquences la dynamique que l'on en espérait. Rien dans le film ne fait monter la tension, les rivalités durant la course sont édulcorées, et pour les amateurs de mécanique de haut luxe, pas une image de préparation, rien qui nous fait entrer dans la magie de ces voitures d'exception. Décep-tion là encore, adoucie par quelques très belles images et des moments d'acteurs qui émeuvent.