L’envers et l’enfer de la Gloire. Le tragique naufrage d’une personne jeune, fragile, qui sort de l’anonymat grâce à son immense talent de chanteuse de jazz et se fracasse contre le show business, version course de chevaux et toxicomanie.
La particularité du film est de n’utiliser que des images réellement tournées (parfois de façon pitoyablement amateur, mais soit, on s’y fait très vite) et qui donc montrent une réalité très trash, sans le glamour des reconstitutions. Rien que pour cela, c’est une brillante leçon de cinéma.
Malheureusement qui baigne dans un monde effroyable, d’une violence morale constante, avec ce dérèglement qui atteint très
vite les esprits faibles ou fragiles confrontés à la monstruosité du star système des Majors de la musique et de leur cortège de chacals, les toxicomanies et les névroses les plus ravageuses, bref un portrait qui devrait être vu par tous les jeunes de 15 ans. Qu’ils apprennent l’horreur du vedettariat vanté par The Voice et autres sornettes débiles, qu’ils voient vers quoi mène la consommation, même festive et innocente au début, de substances psychotropes.
Cela dure deux heures, dures. Mais passionnantes, émouvantes, implicantes et qui feront date, j’espère, dans la conscience collective de ce drame : une vie de colombe échappée trop tôt de sa cage et qui va se fracasser contre la vie des ogres de plus en plus avides qui s’agglutinent autour d’elle.