Une histoire originale et très subtilement narrée. Nous découvrons Guillaume Canet qui, sous son vrai nom, s'isole dans un établisse-ment de grand luxe pour une thalasso. Comme il est reconnu, il assume selfies et autographes à chaque rencontre.
Quelques gags très amusants émaillent le début de son séjour, marquant symboliquement que l'homme commence à ne plus être de son époque. Puis de façon aussi imprévisible qu'inattendue, une ancienne amie apparait, interprétée admirablement par Alba Rohrwacher, actrice italienne de grand renom vue e.a. dans Tre Piani (886) et d'autres films de Marco Bellocchio. Elle est profes-seur de piano dans ce coin de bout du monde, Saint-Pierre Quibe-ron splendidement filmé et toute l'histoire que vous suivrez est de savoir si ces deux êtres vont se retrouver, malgré le temps passé et leurs vies construites par ailleurs avec bonheur.
Le réalisateur qui en est à son dixième film est connu e.a. pour ses sujets sociaux (*En guerre -- 513 et Un autre monde - 937). Il fait montre ici d'une sensibilité exceptionnelle et d'un sens de la narration slow movie qui m'a semblée admirable grâce à la beauté des plans, des lumières, des mouvements lents de la caméra et le sens très subtile des choix des angles pour filmer les protagonistes d'une part et d'autre part pour monter les séquences. Une merveille ayant deux décors symboliques, celui de l'hôtel de luxe, froid et la cité balnéaire désertée hors saison.
Il me parait que ce récit grâce à son interprétation admirable et à la subtilité des sentiments, des émotions qui s'expriment, est un bijou, mais pour personnes dans la maturité car le bilan d'une vie vers la cinquantaine se ressent essentiellement ici par le vécu de celles et ceux qui y assistent, avec cette intime émotion qui est de toutes les saisons.