C'est le portrait d'un styliste de grand talent qui succède à une vedette du métier dans une grande enseigne. Le film commence par un superbe défilé dont les mannequins tirent la gueule comme c'est l'usage. Nous sentons que cet artiste accède à une notorié-té internationale et que cela l'angoisse. Le décès de son père va soudainement modifier son agenda. Et pas seulement. Impossible d'en dire plus sans divulgâcher, tant le récit comprend de surprises intrigantes, puis bien plus.
Le personnage central est confronté à un nombre croissant d'émotions d'une densité chaque fois plus forte et la réaction hystérisée du personnage est parfois un peu longuette. Mais à mes yeux une très lourde erreur dans la construction du scénario provoque un soudain détachement du spectateur. Selon moi il aurait absolument fallu inverser l'ordre entre la découverte dans la maison et les funérailles. Ceux qui ont vu le film comprendront et je ne peux en dire plus sans dévoiler des éléments clés de l'histoire à découvrir.
Il est permis aussi de s'interroger sur les motivations de notre personnage durant son séjour au Canada où vivait son père. Est-ce la peur de ruiner sa carrière qui le pousse à des actes qui défient le simple bon sens ? Et le film se termine sans que l'on ne sache ce que notre styliste aura décidé in fine.Ce réalisateur avait très bien réussi Jusqu'à la garde (479) qui déjà reposait sur un crescendo et un placement de caméra original et signifiant que l'on retrouve dans ce film-ci. L'idée du jeu de mot sur le successeur dans la société de haute couture et l'héritier qui va assumer la succession difficile d'un père depuis longtemps éloigné est une façon simple de caractériser l'écartèlement qui poussera peut-être, vous en ju-gerez, notre personnage à mettre prématurément fin à ses jours.