Un ravissement, en effet, à la fois aux sens vieillis de la chose qui ravit, ou le fait d'un ravisseur, de prendre, de ravir !
L'histoire débute de façon dynamique et commentée en voix off, cette voix d'homme dont on comprendra plus tard qui il est. Et il nous commente une rupture sentimentale, une fête d'anniversaire, une amitié intense entre deux jeunes femmes, à la façon « parce que c'était lui, parce que c'est moi ». L'une sera bientôt mère, l'autre est sage-femme, et l'objet de toute l'attention de la réalisatrice pour son premier film. Nous la voyons dans l'exercice de son métier, lors d'accouchements filmés avec beaucoup de tact et d'empathie. Puis lorsque nait la fille de sa copine, un lien particulier se noue entre cette accoucheuse et ce bébé, d'autant que la mère subit un baby-blues, une dépression post-partum. Suite à l'écran, car c'est un suspens qui va croissant et dont la séquence de fin laissera aux spectateurs le soin d'imaginer les suites possibles d'une aventure singulière, inspirée d'un fait réel.
Ce qui frappe dans ce récit c'est le glissement progressif d'un comportement qui est montré avec une très grande subtilité dans des circonstances particulièrement bien imaginées et par une actrice exceptionnelle souvent appréciée, Hafsia Herzi. Ce qui rend la construction du récit très réaliste, et donc l'émotion, l'inquiétude qu'il crée particulièrement intense. D'autant que la voix off donne aux spectateurs des éléments anticipés sur le déroulement des faits auxquels nous assistons, ce qui est un moyen intéressant de capturer, de ravir l'attention du public.