La belle, c'est Léa Seydoux, et c'est doux. Elle est omniprésente et sa personnalité, son charme, son talent font merveille. Et l'on en a bien besoin pour survivre dans ce trop long film hyper cérébral qui est de la famille de ceux de Wim Wenders, David Lynch, David Cronenberg ou, pour les plus anciens, Michelangelo Antonioni. Coma (1102) nous avait déjà mis k.o. comme le Yves Saint-Laurent (706) du même auteur porté à une hauteur de super star du cinématographe pour intellos. Et il ne manque pas de raisons pour cette sanctification : le film est réalisé avec un soin obsessionnel, les séquences disparates et sans lien narratif, sont toutes des tests de Rorschach pour désœuvrés qui se pâment devant tant de génie, d'intelligence et de talent prospectif qui nous annoncent un monde que nul (sauf le réalisateur) ne peut encore imaginer. Alors on as-saisonne avec un peu d'IA, l'intelligence artificielle dont se gausse
les gens qui en manque un peu de naturelle. Avoir trouvé son inspiration dans un roman de Henry James est déjà le premier symp-tôme d'une certaine fragilité mais aussi la dévotion pour un art qui s'exprime par de multiples facettes ; ce film en est la parfaite illustration. Ce qui décourage les spectateurs à la recherche d'histoires compréhensibles et structurées. Et ce ne sont pas les voix off qui vont nous expliquer clairement tout cela. C'est un film fait d'intros-pections aux sens multiples qui prennent appui sur des éléments de réalité mais aussi dans une épidémie de rêves, de songes et de phantasmes ayant recours aux grandes symboliques telluriques que sont l'eau et le feu. Une belle expérience de cinéma dont on espère ne pas sortir complètement bête.