Ce Ravel m'a ravi. La réalisatrice exerce son métier avec bonheur et abondance (*Gemma Bovery -- 71, Les Innocentes -- 224, Blanche comme neige -- 647, Filles de joie -- 754, Police -- 782, Les Présidents -- 814.) C'est toujours de la bel ouvrage, comme ce film-ci qui nous fait vivre quelques années de la vie d'un compositeur romantique mais qui souffre parce qu'il n'arrive pas aisément à s'exprimer par ses compositions. Ici, cornaqué par une danseuse très vedette, il va créer cet aire qui deviendra célébrissime. C'est Jeanne Balibar irrésistible dans le double rôle du commanditaire et de l'artiste de scène qui va pousser Ravel dans ses derniers retranchements, lieu auquel semble-t-il seule Misia Sert a accès, cette influente personnalité parisienne qui donnait le ton dans les salons, et pas seulement à cette époque. Elle est interprétée de façon charmante et
fraîche par Doria Tillier, alors que dans le film Bonnard, Pierre et Marthe (1345) c'est Anouk Grinberg qui incarne ce personnage qui nous vaudra un jour à elle seule un biopic ! Peut-être aussi la pia-niste Marguerite Long interprétée par Emmanuelle Devos, impres-sionnante. Les éléments de l'histoire de Ravel choisis pour en faire comprendre les ressorts psychologiques sont bien montrés mais peut-être pas toujours nécessaires. Ce qui est touchant, c'est de voir la maison où Ravel a vécu et travaillé, mise en valeur par la très belle photo de Christophe Beaucarne, une nouvelle fois éblouissant par ses lumières qui magnifient le film, comme la bande sonore subtile qui nous fait entendre des sons auxquels était sensible le compositeur qui les trouvaient inspirant. Un très beau film, un peu convenu mais qui me convient bien.