Étrange et émouvant récit d'une longue journée familiale consacrée à célébrer l'anniversaire d'un jeune père très malade. C'est sa petite fille de 7 ans (une actrice surdouée !) qui nous introduit dans cette famille à la fois nombreuse et chamarrée. Son vœux à elle est que son papa ne meurt pas. Pour avoir la réponse il faut voir ce film choral où se croisent toute la fratrie, les amis, un grand-père ayant subi une trachéotomie invalidante mais toujours actif comme médecin. De nombreux échanges, dialogues, situations sont captés par la réalisatrice qui semble se fondre avec adresse, une dextérité extraordinaire dans ce microcosme.
Le cadre 4/3 permet de se concentrer sur l'essentiel, généralement en gros plans très mobile comme le regard furtif que l'on pose pour apercevoir sans jamais s'appesantir.
On comprend que le père fêté est peintre, on s'amuse de la fasci-nation des animaux, insectes, oiseaux comme le colibri, et le chat magnifique. Et il y a une dimension magique, (nous sommes au Mexique) chamanique chez certains qui essayent de chasser les mauvaises ondes, le mauvais sort. Tout cela constitue un mini univers dans lequel il faut s'immerger comme dans un bain d'abord un peu chaud qui oblige à patienter.
Mais après la sensation est d'un bien être émouvant qui passe par les accolades, les échanges et les fâcheries comme sans doute dans toutes les familles aux forts tempéraments. Les activités des uns et des autres peuvent être ressenties comme une façon de
« tourner autour du tombeau ». Et le titre du film rappel que cet emblème central dans maintes tribus est ici une sorte de dieu tu-télaire qui veille à la cohérence du clan. Immergez-vous dans cette maison qui le réunit tout entier.