Malice au pays de l'éveille. Nous comprenons rapidement qu'une petite oie blanche découvre la joie du corps puis, en fuyant son groupe scolaire lors d'un voyage, elle se lance ensuite dans des rencontres et des expériences disons assez atypiques. Où paradoxalement, le sexe ne sera plus pratiqué.
Nous allons ainsi fréquenter des groupes d'américains très contrastés dont on sent bien l'intention du réalisateur de nous faire un portrait, peu rassurant, d'un certain type d'Américains bruts de décoffrage et dans des lieux et des milieux très différents. Le cinéma hollywoodien fait l'objet d'une séquence qui est savoureuse. Le problème du film c'est qu'il est décousu et sans qu'une histoire soutienne l'attention de façon compréhensible. C'est une produc-tion inde (indépendante) c'est-à-dire sans les grands studios ce qui
laisse aux auteurs une liberté d'invention dont ce film est une bonne illustration. Les frères Dardenne sont considérés comme une réfé-rence par le réalisateur qui est essentiellement un directeur de la photographie qui se lance ici dans une histoire trop éclatée. Certes les images en 16 m/m expriment un sens du cadre et la dynamique interne des plans qui force l'admiration par son originalité, caméra à la main ; ça gigotte ! Mais lorsqu'on a capté ce style, l'attente est grande -- et déçue -- de le voir mis au service d'un récit bien structuré et vraiment intéressant.
Certains personnages, réactionnaires, violents, des redneck pour employer ce terme américain qui désigne la population blanche et pauvre, donnent au film un petit côté préélectoral annonçant Tru-mp II et c'est angoissant. A voir avec des yeux de sociologue.