Pourquoi les pires grossièretés, les insultes les plus trash, lors-qu'elles sont proférées en anglais, font-elles rire ? Sans doute parce qu'ici les deux comédiennes principales, voisines dans une sorte de « coron » à l'anglaise situé à Littlehamton, s'en donnent à gorge déployée pour notre plus grand bonheur et avec un talent remarquable, celui d'Olivia Colman en vieille fille méthodiste et Jessie Buckley qui joua dans The Lost Daughter (896) le rôle d'Olivia Colman jeune. Appréciée aussi dans Women Talking (1128) ou Misbehaviour (792) e.a., elle incarne ici une jeune mère irlandaise extravagante dont la fille, Alisha Weir, est craquante. Et il faut aussi mentionner Timothy Spall dont la seule présence à l'image réjouit.
Un mot au sujet de la femme officier de police, Gladys Moss. Ce fut la première dame admise à cette fonction en 1919, dans le Sussex
où l'histoire qui est évoquée dans le film se déroula dans les années
20\. Une histoire incroyable aujourd'hui, de lettres d'insultes dont le
« corbeau » sera difficile à identifier. C'est le côté amusant, très whodunit du film, qui nous amènera au tribunal devant des robins un peu caricaturaux sous leurs perruques so british. Mais dans la réalité ces femmes ont fait de la prison ! Et sans doute n'est-ce pas un hasard qu'une réalisatrice se soit emparé du sujet pour son 3e long métrage après d'autres mises en scène pour la télévision.
Bref, un film aussi amusant que farfelu et qui montre une version épistolaire de la coprolalie, avec une nuance notoire : ce symp-tômes de la maladie de Gilles de La Tourette s'exprime de façon involontaire, ce qui n'est pas le cas lorsque c'est écrit dans des petites lettres méchantes.