Rassurez-vous, ce n'est pas du tout le cas. Ce titre évoque simplement et de façon nostalgique mais pleine d'humour, la mutation d'une banlieue (très bien filmée) qui passe du casher au halal.
Une voix off chaleureuse nous donne des explications sur cette transformation sociologique qui est illustrée par de multiples saynètes souvent amusantes. Et la mixité sociale, black, blancs, re-beu y est dépeinte de façon originale, apaisée, un peu bisounours. Le tout jeune homme de 27 ans que nous suivrons durant tout le film s'occupe bien de sa maman, façon jewish mama sépharade interprétée par Agnès Jaoui qui coche tous les clichés de ce type de mère. Comme elle se rend compte que la population juive diminue drastiquement dans le quartier, contrairement à ce à quoi elle a toujours voulu résister, elle se résout à l'exile. Tout le charme et l'intérêt du film tient en cette double évolution parallèle, celle du fils qui apaise sa mère au prix de mensonges et travestissements de la réalité, et la mère dont l'emprise va s'amoindrir lorsque ses forces viendront à l'abandonner.
Le réalisateur, si c'est son premier long métrage, est loin d'être un débutant car il a été (co)scénariste de nombreux films avec des réalisateurs exigeants pour e.a. : Les Cowboys (182) Dheepan (151) Good Luck Algeria (254) Le Brio (448) Stillwater (856) Le Test (901). Excusez du peu !
Et dans le climat social actuel, tant pollué par la politique et la guerre, le film nous fait percevoir une toute autre ambiance que la bienveillance et l'écoute de l'autre nous laisse espérer retrouver un jour. Avec ou sans Enrico Macias.
Pour vous rendre un peu d'espoir et d'optimisme, voyez le petit bijou autour du cou de la jeune fille qui partage des moments d'intimité avec ce jeune célibataire, à l'insu de sa maman naturellement, et qui est loin d'être le dernier des Juifs. Et le réalisateur n'en est certainement pas lui à son dernier film.