Wim Wenders n’est pas le roi de la clownerie. Les ailes du désir avait fait une très forte impression. Ce film-ci ne risque pas d’en faire autant. Le nouveau cinéma allemand devient vieux, il s’avachit. Prenez un antidépresseur avant d’aller voir ce film, et garder la boîte à portée de main pendant la projection : chaque rebondissement du scénario nécessite un petit remontant. Que Charlotte Gainsbourg fasse la gueule, c’est assez naturel ; que l’un de ses deux enfants meurt accidentellement ajoute à sa bonne humeur espiègle... Le héros du film est un auteur de roman au succès lent à venir. Il quitte une première compagne tellement il lui fait
la tronche. La seconde supportera mieux ce dépressif ennuyeux. Le père de l’écrivain est un vieillard dépressif aussi (allez, zou, encore un cachet !) dont on ne sait rien, mais dont on constate la souffrance sans doute génétiquement transmissible. Bref cette joyeuse bande vit dans un pays superbe qui nous est montré avec une pesante lenteur, un découpage très académique, des gros plans en courte focale qui laissent voir des décors, tous plus déprimants les uns que les autres. Un film de facture classique, soigneusement tourné, bien interprété, qui fait du bien quand il s’arrête.