Un film d'épouvante qui est une parfaite démonstration de ce genre apprécié par je ne sais qui pour l'effroi qu'il provoque sans autre motif ou justification que l'effroi lui-même. Ici le sujet est traité de façon très académique, dans un quasi huis clos. Le bâtiment victorien est un ancien pub qui recèle un mystère enfoui dans ses caves. Une revenante y est retranchée dont la tête est dissimulée dans un sac : Baghead. Le début du film est une parfaite panoplie des effets sonores et visuels qui sont la matière brute de ce type de film. Le son très amplifié des cordes d'instruments maltraités, des mouvements de caméra qui évoquent les regards affolés, les lumières qui laissent d'impressionnantes zones sombres, noires, d'où surgiront les êtres porteurs d'effroi. La voix du narrateur est nouée par l'angoisse que lui provoque cette survivante, sa mère décédée il y a 20 ans.
Il y a une histoire très arbitraire qui sert de support à ce déploie-ment d'épouvante : un père décède et sa fille qui ne le voyait plus hérite de ce pub délabré dans lequel elle découvre cet être malé-fique dont elle espère retirer quelques ressources en monnayant son pouvoir de faire revenir pour un bref moment, des êtres chers décédés. Le suspens viendra de la difficulté d'éviter que Baghead ne prenne le pouvoir sur celles qui tentent de l'exploiter. Bref, un grand n'importe quoi mis assez brillamment en scène par un réalisateur qui signe là son premier long métrage.