A l'origine de ce film passionnant, un best-seller américain : Caste: The Origins of Our Discontents (mécontentements) dont l'autrice noire américaine est Sabel Wilkerson. Elle est remarquablement incarnée par Aunjanue Ellis que nous avions admiré dans La Cou-leur pourpre (1362) et La Méthode Williams (931) e.a.
Le sujet du film est assez cérébral : l'origine du racisme. Si nous croisons des milieux académiques qui en discutent, un autre as-pect du film est clairement documentaire : le nazisme antisémite, les castes en Inde, et bien entendu les actes inspirés aux E.U. par la haine des noirs. A cette double approche se mêlent de nombreux éléments biographiques qui sont intensément émouvants. Le racisme n'est pas un « fourre-tout » expliquant la violence sociale. Et nous sommes amenés à entrer dans la complexité des analyses qui mettent en lumière l'opacité de ce drame sociale si répandu sur terre.
Nous irons à la découverte des Dalits, les opprimés en Inde, ces po-pulations hors castes dites « intouchables ». Parce que la réflexion
complexe qui est développée dans le film suggère que ce n'est pas la couleur de la peau mais la position sociale qui est à l'origine des ségrégations. Peut-on distinguer un Juif ou un intouchable de la population dans laquelle ils sont immergés ? La déshumanisation des castes « inférieures » ouvre grande la porte à la persécution et au racisme plus évident à incriminer lorsque la couleur de la peau est le critère clivant.
Le film parfois un peu long dans certains développements, veut donner du temps pour que s'installe une profonde émotion, soutenue chaque fois par une musique de cordes avec un peu de piano qui souligne la douleur ressentie, due parfois à des images brèves, fortes et interpellantes. Aurions-nous osé refuser de le-ver le bras, isolé dans cette foule hurlante devant le Führer ? Tant d'autres questions sont évoquées qui nous laissent un peu chaos à cause de l'étendue de la problématique mise en lumière dans toute sa complexité et les origines de ce qu'il est convenu de nommer maintenant « l'intersectionnalité » dont nous comprenons mieux les origines.