Un film particulièrement réussi sur la thématique des sans-pa-piers, des sans domiciles fixes, qui espèrent trouver en Europe, ici à Paris, l'aide et l'assistance due à celles et ceux dont la vie est en danger dans leurs pays d'origine. Et qu'en principe la loi devrait leur assurer.
Un journaliste musical en perte de vitesse est envoyé en reportage sur le lieu d'intervention de la police qui entreprend brutalement de déloger ces pauvres hères. Et ça bastonne ! Il recevra un coup de matraque et restera en relation avec le groupe de « désobéissance civile » qui assume le niveau minimal de décence vis-à-vis de ces migrants. L'une des activistes est une avocate qui a changé l'orien-tation de sa vie à 180° par idéalisme. Elle persuade le journaliste d'héberger un Afghan « pour quelques jours, pas plus ». Vous apprendrez que dans ce pays l'on parle ces deux langues différentes : le Dario et le Pachto. Facile pour les contacts !
Inutile de raconter l'évolution de ces relations car c'est ce qui fait l'intérêt principal du film. La fille du journaliste ajoute un regard d'adolescente à ces interactions qui placent la morale au-dessus du droit.
Et c'est profondément interpelant car de nombreux échanges, prises de becs, invectives donnent l'occasion d'exprimer bon nombre des idées reçues sur ces questions, des réflexes du genre
« c'est bien ce que vous faites mais... ». Nous nous souvenons de Une année difficile (1269) qui, avec beaucoup de talent, rapprochait aussi le militantisme et l'envie d'y participer. Pour son premier long métrage, la réalisatrice qui a une longue expérience du casting, s'est inspiré du roman de Marc Salbert De l'influence du lancer de minibar sur l'engagement humanitaire dont le titre seul donne le ton que nous retrouvons dans le film, porté par l'excellente Camille Cot-tin et, pour une fois très convaincant, Benjamin Biolay.