Une leçon (terrible) de cinéma, interprétée et mise en scène de façon magistrale. Cœur fragiles, s'abstenir.
C'est un film sur le stress de l'urgence et le poids mental de l'impuis-sance, de la douleur et de la culpabilité. Nous suivons un binôme d'ambulanciers urgentistes, l'un étant un vieux de la vieille qui a tout vu, tout connu et tout enduré. Le jeune ambitionne de faire des études de médecine et fait ce job pour se faire la main en préparant ses examens d'admission.
L'essentiel du film se déroule dans un bruit de sirènes, de métro aé-rien, de circulation dans cette ville asphaltée dont on ne voit que les
quartiers sordides vers lesquels sont appelés ces courageux inter-venants de première ligne. Et c'est tout un catalogue des patholo-gies sociales et médicales qui nous est montré scène après scène, dans un rythme et avec un tonus de match de catch. Quelques moments de vie privée scandent le récit, mais sans vraiment montrer l'apaisement que l'on souhaiterait à ces héros du gyrophare. Ce film leur est dédié, pour des raisons que le générique de fin explicite.
Ce troisième long métrage de ce réalisateur français est parfois mentionné sous le titre Black Flies que vous comprendrez en voyant le film. Si vous êtes prêts à vous infliger un spectacle très dur humainement, mis en image de façon virtuose.