Alors là, c’est très spécial, d’une originalité exceptionnelle à tous égards. Mais c’est pas le bon plan pour une soirée entre amis !
En 1965, Pierrot le fou de J.L. Godard créait un évènement. Victoria relève, une génération plus tard, du même type de choc narratif et visuel.
Victoria est une pétasse espagnole qui travaille dans un snack à Berlin et qui s’abrutit la nuit en boîte. Le film commence donc dans cette boite et dure 2h15, en un seul plan. C’est une performance sans précédent et cela met le spectateur A bout de souffle pour rester dans les mêmes références.
Victoria rencontre quatre mousquetaires abrutis, débiles et alcoolisés avec qui elle noue une espèce de pacte pour une descente aux enfers très pesante, violente, asociale. Bref un monde gloquissime, qui se veut sans doute un portrait sans concession d’une certaine jeunesse désœuvrée, sans perspective d’avenir. Dont acte.
Et c’est terriblement éprouvant. A cause de l’ambiance crétine, vautrée de ce petit groupe, mais aussi parce qu’ils sont filmés dans des conditions telles que l’image ne peut être que sale, mal éclairée, comme les pissotières d’autrefois.
Le film a reçu e.a. le prix de la photographie. Comme quoi il ne faut pas être beau pour avoir des prix !
Ce genre de film ne peut pas plaire, car il est le plus déplaisant possible.
Mais il suscitera des partisans déchaînés, des défenseurs impitoyables, qui taxeront les sceptiques de crétins qui ne comprennent rien au génie.
J’ai compris ; mais je ne serai pas de la cohorte des laudateurs.