Une singerie à vomir. Comment tant de talents, d'argent, d'éner-gie peuvent-ils être consacrés à un spectacle de deux heures qui nous plonge dans l'hémoglobine et la violence la plus abjecte qui fait passer le meurtre de ce jeune à Romans-sur-Isère ou de Ca-thy Dubois ou encore de Shemseddine pour des frivolités et les massacres du 7 octobre ou de Sidney pour la norme sociale entre des personnes ou des groupes ayant des différents à régler ? Le réalisateur qui tient le rôle principal avait retenu l'attention dans Slumdog Millionaire. Il a été multimédaillé en taekwondo, cette lutte sud-coréenne qui sans doute, inspire nombre de scènes de combats de ce film-ci. Il nous entraîne ici dans un pot-au-feu qui mélange dans une histoire contée sans talent des clichés liés à la cor-ruption, la drogue, le proxénétisme, un peu de la misère du système
indien de castes, avec une pincée de Hijra qui, comme chacun sait, désigne en Inde les personnes ni homme ni femme (un thème ac-tuel) ou d'incompréhensibles allusions à Ravana, le roi démon des rakshasas au Sri Lanka. Les prises de vue sont, comme le montage, d'une exceptionnelle virtuosité mais les séquences « obligatoires » dans un film de vengeance me semblent mal articulées et l'on se sent pris dans une espèce de dédale qui mène en enfer. Bref, une purée indigeste de violence, d'exotisme de pacotille et d'un je ne sais quoi de religieux qui met le spectateur le plus bienveillant dé-finitivement chaos. Un homme singe n'est pas un homme éléphant. Ce qui m'effraye le plus c'est que cette singerie est appréciée par la critique...