L'esprit court. Au cinéma comme en sport, il faut tenir la distance. Si l'idée vaut une médaille, le traitement du scénario est hélas à l'image de ces losers du Club de France qui participent aux Jeux Olympiques (ce qui est d'actualité) tous présentés dans une espèce de Club Med pour athlètes de bas de classement. Cela nous vaut des situations cocasses, surtout en début de film, mais le procédé s'essouffle rapidement laissant la place au souffle des athlètes qui s'exercent à d'autres activités dans les chambres des uns et des unes. Les journalistes sportifs ont aussi droit à des moments qui se veulent au croisement de l'humour et de la critique acerbe. Le
personnage central est un fils de gendarme, tireur d'élite au révol-vers. Sa coach se donne beaucoup de mal mais cela n'empêche pas de foirer à chaque occasion. Et c'est un peu le sentiment général que laisse le film. Si Benjamin Voisin a pu déjà convaincre comme par exemple dans Été 85 (773) ou Illusions perdues (870) il ne m'a pas paru habité par son personnage et sa coach, la très talentueuse Emmanuelle Bercot en fait 6 tonnes comme pour combler la vacui-té de l'histoire écrite et réalisée par un artiste encore mal entrainé. Un podium pour soir de pluie à la télé en famille.