Un challenge, très réussi, qui est de nous proposer deux films en un. Celui qui nous conte la progression de deux amis dans le monde hyper compétitif du tennis. Et celui d'une histoire d'amour complexe qui mettra ces deux tennismen en compétition dans le cœur d'une femme. Illustrant brillamment qu'il n'y a pas loin du tennis au pénis.
Le réalisateur italien est un talent très reconnu déjà e.a. pour A Big-ger Splash (246), Call me by Your Name (485) et Bones and All (1077). Je n'avais guère apprécié ces films, mais je pense que Challengers les surpasse brillamment.
Il y a une façon de filmer le tennis qui est époustouflante et qui rappelle les images spectaculaires de La Méthode Williams (931) ce qui plaira aux spectateurs de ces matchs tellement médiatisés qui donnent ce balancement de tête caractéristique des sportifs assis dans les tribunes.
Le film doit beaucoup aussi à l'actrice Zendaya, sublime. Enfant de la balle si l'on peut dire dans un film consacré au tennis, elle dé-buta jeune pour Disney Channel puis au cinéma dans Spider-Man
: Homecoming et Far From Home ou encore No Way Home comme dans des séries télé mais aussi dans Dune. Afro-américaine par son père, son succès est remarqué aussi pour cette singularité parmi ses succès comme chanteuse et danseuse, égérie de Lancôme, de Valentino et Vuitton. Bref un talent multiple et éblouissant. Ce
qui fascine dans ce film ce sont les âges différents incarnés, ainsi que ses humeurs très contrastées qui donnent à son personnage une complexité et une profondeur que l'on ne s'attendrait pas à rencontrer dans les clubs de tennis. Elle fera tout pour que son mari, père de leur jeune fille, remonte dans le classement ATP (*Associa-tion of Tennis Professionals), grâce à sa participation aux tournois
« Challenger » considérés comme la seconde division du circuit professionnel. Et les questions d'argent pour ces joueurs mal ré-munérés sont très présentes dans le film.
Le récit a recours à de multiples sauts dans le temps, précisés fu-gitivement par la date en début de séquence. Et nous commençons le 4 août 2019 avant de faire de nombreux flash-backs et retours dans la continuité du récit.
Ce qui donne au réalisateur l'occasion de démontrer sa virtuosité dans le récit de cette complexe histoire d'amour, discrètement « plan à trois » dont vous découvrirez les méandres, les rebondissements et le versant homosexuel en voyant ce film qui vous tient en haleine jusqu'à la dernière image.
La bande sonore est très travaillée, utilisant les impacts de bals et les cris des joueurs comme de vrais percutions qui font écho à une musique qui contribue pour beaucoup aux tentions nombreuses du film qui mérite la plus grande attention.