On arrive à la cinquantaine moitié déçu, moitié content
Un quart de joie, un quart de peine (...) un demi-siècle dans les reins.
Cette chanson de Sylvain Lebel rendue célèbre par Serge Reggiani pourrait s'écouter pour comprendre l'ambiance de cette réunion d'amis dont nous serons témoins quelques brèves journées dans une très belle maison dans le Latium, en bord de plage, lieu dont l'horizon est inaccessible. Tous sont des intellos de très haut vol, universitaires, chercheurs en astrophysique. Les acteurs sont très bien assortis, crédibles et il faut souligner la présence du toujours excellent Fabrizio Rongione qui justifie sans doute la coproduction belge, tax shelter oblige, pour ce film qui n'a, comme tant d'autres, strictement rien à voir avec notre pays.
Alors que le prétexte de cette réunion est la célébration d'un anniversaire, une nouvelle très angoissante émerge en catimini, celle de l'approche d'un astéroïde joliment nommé Anaconda, ce serpent qui n'a été décrit qu'en 1992, sorte de monstre vivant dans les ma-rais sud-américains. Le risque de collision avec notre terre fera
planer une ambiance angoissée sur ces retrouvailles, favorisant des échanges, des aveux et des règlements de comptes permis par ce sentiment que la fin du monde est imminente.
Ce film choral est très bavard, réalisé par une grande dame du cinéma née en 1933 et qui a beaucoup milité politiquement dans des documentaires et dont le film de fiction le plus célèbre est sans doute Portier de nuit.
Dans ce film-ci, inspiré du livre éponyme de Carlo Rovelli (physicien philosophe de toute grande importance) il y a une sorte de dialogue murmuré entre les regrets, les angoisses, les désirs et la prise de conscience que le compte à rebours a commencé, ce qui amène cette courte séquence symbolique durant laquelle sont arrachées les aiguilles d'une horloge.
Comme ce film est piétiné par la critique bienpensante, prenez le temps d'une jolie découverte dont l'origine se cache dans la délica-tesse de ces êtres qui se retrouvent.