Un père très chelou est propriétaire d'un stand de tir où viennent se défouler les fadas de la gâchette. Il a deux filles adultes, l'une maquée à un queutard abruti et violent, l'autre qui gère une salle de gonflette pour homme et femme faisant du body building un mode de vie, presqu'une philosophie. Comme cette fille est homo-sexuelle, elle attire une blondasse idiote qui, plus tard, va jouer un rôle important. Et une voyageuse un peu à la ramasse, superbe fille en route vers Las Vegas où elle ambitionne de s'exhiber lors d'une sorte de concours que l'on croyait réservé aux chiens et aux chats deviendra le personnage central du récit.
Cette présentation des protagonistes étant faite, le film pourrait se sous-titrer « La Passion et la Démesure ». Ce qui est une pa-raphrase plus compréhensible que le titre anglais, Amour, Men-songes Saignements.
C'est du cinéma de très grande qualité dans un genre, certes, peu propice aux sorties en famille avec les enfants. Âmes sensibles, s'abstenir. Mais c'est tellement bien fait, tellement bien joué, bien mis en scène et surtout tellement bien imaginé et écrit comme scénario, que l'on est haletant tout le long du récit. Il se déroule en 1989 à Albuquerque au Nouveau-Mexique.
Et il et chic de qualifier ce genre de « psychotronique » c-à-d évoquant les interactions énergétiques entre les individus et leur environnement, une tentative d'explication de phénomènes inex-plicables de manière scientifique mais peut-être en lien avec les stéroïdes que s'injecte la gymnaste en quête de prix. Ici c'est le contraire de la prise de tête, c'est plutôt la castagne à gogo.
La réalisatrice anglaise avait frappé les esprits amateurs de films fantastiques avec Saint Maud. Son deuxième film qui se veut plus une comédie romantique métissée de polar doit encore beaucoup à l'horreur, l'épouvante et le gore. Nous retrouvons Kristen Stewart tant appréciée déjà dans Clouds of Sils Maria (057) Still Alice (118) Café Society (268) ou encore Spencer (894), une actrice fascinante et comme elle est notoirement bisexuelle, la découvrir ici dans un rôle de lesbienne rend son personnage particulièrement crédible. Le film a recours à des moments fantastiques qui pimentent de façon spectaculaire un récit plein de rebondissements.
Un film qui se déguste comme un plat un peu trop épicé mais tellement savoureux par ses ingrédients tous bien accommodés.