Maigret et Le Lotus bleu. L'histoire qui nous est contée dans ce film chinois (et ce n'est pas peu dire) est celle d'un flic qui, en 1995 mène une enquête suite à des meurtres commis dans un village d'une cinquantaine de famille, habitant le long d'une rivière, ce qui nous vaut le titre poétique mais sibyllin du film. Il est inspiré par une nouvelle de l'auteur chinois contemporain Yu Hua dont les œuvres nombreuses ont été traduites vers le français, et certaines adaptées au cinéma en Chine, dont Vivre, en 1994 ! Ici le réalisateur en est à son troisième film qu'il a tourné sur pellicule 16 m/m ce qui donne à l'image un aspect qui fait « d'époque ». Ce qui rend la
vision et la compréhension du film difficiles, c'est l'écart croissant entre le portrait d'une société chinoise provinciale et autoritaire, le récit policier à proprement parler qui n'est pas mené de façon très méthodique comme les films noires que nous connaissons, et enfin le sentiment que le réalisateur a voulu nous entraîner dans un univers farci comme des dumplings aux saveurs de fables, d'allégo-ries, bref tout un fatras dans lequel l'on perd ses repères. Mais soit, c'est la Chine mystérieuse et si l'on consent à cette immersion dé-paysante, il est possible de se laisser emporter par le flot de cette rivière.