C’est pas l’amour.
Rien de ce qui se fait dans ce film entre adultes consentant n’est en soi répréhensible moralement, mais l’on sort de cette projection (et de ce que l’on projette...) salis, déprimés, comme si l’on avait été l’otage d’un avilissement bestial de la femme, d’un comportement de bonobo de l’homme, obligé de subir un porno chic sans imagination, laid et lourdement répétitif.
Les images en 3 D sont d’une tristesse consternante, mal éclairées, glauquissime. Cadrée de façon symétrique façon Greenaway ou pour les connaisseurs, façon Ackerman première époque. Et très souvent la caméra est de dos, sur les épaules, la nuque, sorte d’hommage aux frères Dardenne qui, sans doute, n’en demandaient pas tant. Poisseux. Mais cela donne un genre.
La musique de latrines dégouline à longueur de film, plus mauvais il n’y a pas en stock, même quand c’est Mozart qu’on assassine, mixé avec les petits couinements obligatoires des bêtes humaines qui copulent.
Le paroxysme de la souffrance du spectateur ne vient pas de ce que cela dure beaucoup plus longtemps que quelques scènes de porno, c’est que cela baigne dans un vague discours intello ainsi résumé : l’amour devrait baigner nos vies sans limites et sans restrictions. Être privé de l’amour est une souffrance terrible.
Bien, là on est en amphi à la Sorbonne. Mais les acteurs, outre qu’ils sont très mauvais, ânonnent des bouts de textes débiles, des répliques dépassant rarement 10 mots, dont la moitié sont des grossièretés.
Curiosité amusante : il y a très peu de plan pendant lesquels les yeux de l’homme sont visibles. Il a le regard bas, les paupières mi-closes, comme s’il exprimait une gêne de faire de son sexe l’acteur central et le plus actif de cette daube.
On ne nous épargne aucune bouillave, aucune crise d’hystérie, aucune consommation de psychotrope. C’est un film de faussaires qui se sont glissés du XXX à la 3D
Enter the voice, un précédent film (insupportable) du même réalisateur, avait au moins des recherches formelles et un dépaysement qui justifiaient un certain intérêt. Irréversible était formellement aussi un film intéressant réalisé par le même qui dévidait un récit abject en marche arrière, de la fin au début. Mais déjà ces deux films étaient pénibles. Ici plus rien ne justifie l’intérêt manifesté e.a. par une sélection à Cannes. Le mauvais jeu de mot qui s’impose ici est : Lèche is mort.
Love est l’anagramme de vélo. Partez en promenade respirer un peu d’air frais.