Pour qu'un film fantastique soit fantastique, il faut qu'il le soit, et nous sommes loin du compte hélas car tous les ingrédients sont réunis pour une fable futuriste. Le grand frère, spationaute, a dis-paru en mission et le chagrin ne se dissipe pas, pour sa sœur surtout. Elle va entrer en relation « audio » avec l'espace qui va lui donner des injonctions susceptibles de ramener son frère sur terre.
Il y a, à mes yeux, deux versants au film. L'un subtilement mené, ce-lui de la vie ordinaire de cette fille aide-soignante, et celui délirant de ses relations avec cette voix venue de l'éther. Et pour ajouter un peu à la confusion des styles, un soupçon de dessins animés, art très maîtrisé par ce réalisateur dans des productions antérieures, pour expliquer à celles et ceux qui n'ont pas compris que les rêves jouent un rôle important dans les actions de cette jeune sœur qui aurait dû se faire soigner.
Dans ce premier film en prises de vues réelles, le réalisateur ne maîtrise manifestement ni son récit ni sa mise en forme qui, comme une émulsion ratée, reste inaboutis, sans avoir trouvé cet aspect onctueux qui nous aurait emporté. La musique tante bru-yamment de compenser cet éparpillement en plongeant le spectateur dans un environnement sonore holistique dont l'effet relève aussi du fantastique.
Ce genre de film est à voir pour ce qu'il nous apprend sur les diffi-cultés à maîtriser un sujet fait essentiellement d'arbitraires et de récits par la voix, tantôt off, tantôt faite de dialogues sentencieux qui visent à créer une pression dont le spectateur ne ressent guère le fondement tant tout ce fatras narratif semble farfelu. Et pendant ce temps-là sur terre, tant d'autres sujets fantastiques mérite-raient d'être traités.