Une immense et rare réussite, un film drôle, bouleversant, émouvant et joyeux, où souffle une vitalité incomparable.
Nous partagerons durant le film la vie quotidienne d'un séjour de vacances très isolé en montagne dans le Vercors, dont profitent des enfants souffrant à des degrés divers, de handicapes de nature différentes. Ils bénéficient bien entendu d'un encadrement dévoué et une intrigue assez rigolote va pimenter un peu l'histoire sans nous détourner de l'essentiel : le regard bienveillant porté sur celles et ceux qui ont Un p'tit truc en plus et qui nous le partagent avec une superbe générosité.
Artus est un personnage médiatique dans le registre du comique populaire mais ici, pour sa première mise en scène de cinéma, il aborde comme acteur, coscénariste et metteur en scène, un de ces sujets dont personne ne veut entendre parler : les enfants du Huitième jour. Et c'est fait d'une façon magistrale, avec un regard complexe, ne simplifiant rien, montrant des jeunes tels qu'ils sont, joyeux, pleins de vie, d'imagination et d'humour.
Le rôle féminin central est tenu par Alice Belaïdi et ce film sera un tournant dans sa carrière déjà longue, commencée au théâtre dès 2003 puis beaucoup de télé et des films généralement sans succès à partir de 2011. Ici elle est éblouissante et incarne admirablement ces gens totalement dévoués à leur sacerdoce, la prise en charge de personnes souffrant de handicaps et que la société souhaite invisibiliser.
Ce film marquera l'histoire du cinéma comme d'autres œuvres qui, soudain, abordent un de ces sujets réputés impossibles alors qu'ils sont au cœur de tant de familles et l'objet d'une abnégation infiniment admirables de celles et ceux qui ont compris la richesse que ces différences recèlent. Un trésor à partager en voyant ce film qui a vraiment un p'tit truc particulier, qui dégage cette émotion semblable à celle d'Andromaque qui pleure et rit en même temps, voyant le destin qui séparera Hector et Astyanax comme sont séparés ces enfants que la société relègue.