Les tortu(r)es qu'annoncent l'affiche sont terribles : Gourmet qui roule une pelle à un vieillard mal rasé ! Qui dit pire ? Les couples d'hommes homosexuels vieillissants sont tout à fait dignes que l'on s'y intéresse, que l'on compatisse à leurs sorts et à leurs deuils. Mais encore faudrait-il que le scénario ait une originalité et des qualités qui nourriraient un tel projet. Ici la première lecture aurait dû suffire à n'importe qui pour détaler comme un lièvre, tant c'est plat, quelconque et vulgaire.
Le film débute lors de la mise à la retraite d'Henri, un Commissaire de police beauf et ventripotent interprété par Olivier Gourmet, à l'étiage de ses capacités d'histrion. Il s'ennuie dans la petite maison au centre de Bruxelles dans laquelle il vit depuis plus de trente ans en couple avec Thom, un canadien ancien(ne) interprète de revue
« Chez Madame ». Entre eux plus d'habitudes que de désirs. Et à les voir, on le comprend. Henri, pour raviver sa libido, se met à fréquenter des sites de rencontres pour hommes. Et il s'en suit une série de moments du plus mauvais goût, aussi mal imaginés que mal joués, mal dialogués et mal mis en scène.
Devant le chagrin de Thom, Henri ne peut que lui hurler dessus « J'ai besoin de temps et d'espace ». Et d'un chien qu'il va récupérer dans le chenil de la police. Son nom ? Sherlock, mais oui, il fallait le faire et c'est fait. Chien qui provoque la discorde et le départ d'Henri qui emmène « sa » tortue. Mais il se trompe, c'est la tortue de Thom...
Et tout est à l'avenant, avec deux climax dans la catastrophe cinématographique : le tribunal qui est aussi mal mis en scène et filmé que possible, où se débitent des dialogues de compétition entre la débilité et les poncifs. Et le retour chez « Maman » qui nous vau-dra une prestation d'Henri en chanteuse aussi mauvais(e) qu'affli-geant(e) qui dégoise en larmoyant Babby Hands Up un tube de 1981 par Ottawan.
Vous ajoutez à cela une crise d'asthme qui manque de faire mou-rir ce Caruso des boites gay, un blind date dans un hôtel de passe, l'usage de menottes qui sera qualifié de bondage et vous aurez tous les ingrédients d'un parfait nanar. Le réalisateur avec Troisième noces (522) nous avait laissé espérer qu'autour de sa pré-occupation centrale, l'homosexualité, il allait nous écrire des films intéressants, portés par des artistes du niveau de Bouli Lanners. Déception sur toute la ligne.
Arrêtons de financer (avec l'argent public) de si mauvais films avec ici des acteurs désastreux. Pas besoin de sondages pour essayer de savoir pourquoi le cinéma francophone n'est pas soutenu par son public de proximité lorsqu'il produit des choses qui surpassent le pire du cinoche franchouillard. Cela fait à notre cinéma un tort qui tue.