Film atypique entre le reportage et le documentaire, il nous fait voyager des caves parisiennes du musée des Arts premiers aux universités du Bénin, nom actuel du Dahomey.
Nous craignons un peu une explication sur les problèmes du fret des œuvres d'art. Et petit à petit se développe la problématique complexe de la restitution d'œuvres majeures aux pays africains d'où elles proviennent. C'est un sujet extrêmement sensible et dont ce film montre et la complexité et la valeur symbolique.
Ce transport/restitution eut lieu fin 2021, pratiquement 130 années après que les troupes françaises ont « volé » diront certains « préservé » diront d'autres, ces œuvres à la fois magnifiques et ma-giques. Une voix off un peu étrange se fera d'ailleurs entendre par moment dans le cours du film.
De cette réalisatrice française dont le père est sénégalais, nous avions admiré déjà Atlantique (739) film remarquable. Ce film-ci est plus austère, sans que l'on ne puisse créer à proprement parler de lien avec des personnages suscitant l'empathie. Nous sommes amenés à réfléchir à ce que cette « restitution » implique d'essen-tiel dans la considération de cultures (et de pouvoirs) différents. Les discussions auxquelles nous assistons ont lieu à l'universi-té d'Abomey-Calavi, lieu d'excellence proche de Cotonou et l'on y entend s'exprimer toutes les passions que soulèvent ces difficiles questions du retour d'œuvre spoliées. Venez les écouter, en prendre conscience, car elles nous concernent.