Pas vraiment grande... Est-ce par modestie ou par lucidité que le qualificatif a été choisi ?
L'histoire est celle d'une croisière sur les canaux dans de char-mants paysages de la France profonde, organisée pour plumer un pigeon.
Ce qui nous vaut un catalogue de toutes les formes d'humour dis-ponibles pour une petite comédie destinée à vendre du popcorn ou à manger une pizza dans son canapé un jour de déprime. Vous avez l'humour de répétition, l'humour verbal sous forme de jeux de mots, l'humour noir, les gags, l'humour visuel ou de boulevard, le comique le plus classique et plat, la dérision et le second degré, le quiproquo, un soupçon de burlesque, un peu de raillerie, le non-sens, quelques parodies (chantées...) et, plic-ploc, quelques mots d'esprit et un peu de sarcasme. Et comme parfois ces moments qui se veulent drôles nécessitent une « préparation », le spectateur doit souvent patienter pour qu'adviennent les moments qui ambi-tionnent de faire rire.
Le casting nombreux sert, à parts relativement égales, cette petite fantaisie sans prétention, et chacun surjoue un peu comme l'on croit devoir le faire pour avoir l'air drôle et espérer faire rire une audience qui aime se laisser distraire par une futilité.
C'est un peu la spécialité du réalisateur qui joue dans son propres film, entouré de complices.
Ce qui suscite une certaine inquiétude, c'est que l'empire Bolloré, après Canal+, finance ce type de lavage de cerveau par le biais de C8, une chaine de télé française qui nous prépare à la présidence de Marine Le Pen. Zemmour et Hanouna ont dû adorer le film.