Ce film est au cinéma ce que la porcelaine de Saxe est à la vaisselle de ménage. D'une délicatesse, d'une élégance, d'un raffinement émotionnel rares. Nous sommes dans une ville portuaire, Portland, enclavée dans l'Oregon sur la côte ouest des USA, là où une petite entreprise réunit une équipe de quelques collaborateurs et colla-boratrices pour faire on ne saura jamais exactement quoi. C'est l'une d'entre-elles, quasi muette, qui sera le personnage principal du film, un peu asociale, d'une grande pudeur et très observatrice. Cette jeune femme sera décrite dans maintes circonstances d'une vie ordinaire. Quelques images mentales permettront très élégamment d'entrer dans ses pensées de façon très visuelle. Et c'est l'arrivée d'un nouveau collaborateur qui va subtilement modifier la routine austère de sa vie. Rarement il m'a été donné l'occasion de voir décrire avec une telle délicatesse (féminine ?) le portrait d'un être qui est l'histoire même du film, sans intrigue, sans événements, sans surprise mais qui vous pénètre par sympathie pour elle qui voudrait mourir faute d'avoir de vraies raisons de s'épanouir. La mise en image est remarquable, essentiellement par ses cadrages qui sont composés de façon signifiante, comme de très grands peintre savaient nous les proposer.
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