Un grand réalisateur est né ; son film captivant est marqué par une écriture cinématographique originale, affirmée et parfaitement à propos. Quel est-il ce propos ?
Julie est entraînée pour atteindre un niveau d'élite dans un club de tennis BCBG et bilingue. Voici qu'un drame survient qui va néces-siter une enquête. Et Julie, dont nous comprenons qu'elle détient si non la clé, du moins des éléments d'explication, se dérobe aux interrogatoires. Pour se protéger elle-même ? Parce qu'elle se sent coupable de certaines choses, de son silence ?
Toute la construction du récit nous amène des éléments à décoder comme chaque fois que des adolescentes en groupe, sous l'autori-té de leur coach et de la directrice du club, ici « Les Hirondelles », cherchent la façon la plus adéquate de « paraître ». Il est fait allu-sion à plusieurs reprises du BTF, le Belgian Tennis Fans, un groupe de supporters fondé en 2002 pour soutenir les joueurs et joueuses de tennis belges parmi lesquelles Julie semble pouvoir déployer ses talents.
Le film est tourné sur pellicule argentique et la tonalité froide, bleu métallique de l'image est parfaitement en accord avec cette ambiance qui devient pesante, glaciale.
Le travail du cadre est exceptionnel, des images généralement fixes qui matérialisent l'enfermement mental de cette jeune fille qui ne peut quitter l'espace assigné par le réalisateur, quelles que soient la vélocité et l'agilité de ses déplacements. Les fonds souvent sont de grillages ou de parois métalliques qui concourent à rendre perceptible cette claustration symbolique.
Si le tennis est très présent sur nos écrans, (*Challengers -1438 -- La Méthode Williams - 931), il me semble, cette fois, utilisé de façon aussi appropriée que pertinente, comme métaphore à la fois de la puissance et du replis intérieur qui ne laissent cette Julie ni tran-quille, ni silencieuse.