Voyage dans la Turquie profonde. Cinq filles sont l’objet de toute l’attention durant ce film singulier, incomparable et qui correspond très exactement, pour moi, à la spécificité irremplaçable du cinéma : nous révéler un monde que l’on ne pourrait connaître autrement.
Certains, qui pensent que le féminisme, le combat pour la libération de la femme, sont des vieilles lubies dépassées, doivent aller voir ce film pour prendre la mesure de l’arriération, de l’archaïsme, du sadisme dont les jeunes filles sont l’objet, dans des familles traditionnelles, certes, mais aux marges de l’Europe.
Le scénario est très habilement fait qui nous permet de découvrir toute cette tribu, de comprendre les lignes de forces qui sou-tendent les comportements des uns et des autres. Il y a des scènes d’une limpide clarté ; d’autres qui gardent une part d’ombre, des personnages à peine esquissés mais d’une puissance terrible.
Le récit est mené à la fois du point de vue de l’une des filles, la plus jeune, la plus déterminée, et aussi avec un regard plein de bienveillance pour ces gens qui souffrent de leurs racines. Un sujet à méditer qui rejoint les grands thèmes traités au cinéma sur les cultures et les rôles sociaux archaïques.