Il me semblait que les cinéastes américains étaient insurpassables dans le cinéma abject de violence sous toute ses formes.
Ce réalisateur-ci, français, n'a plus rien à leur envier après une carrière déjà très remarquée (*L'Ennemi intime, Cloclo, Marseille, e.a.) et il nous livre ici un film remarquablement réalisé et insupportable, un de ces films qui préparent les esprits faibles à des actes comme ceux commis sur une fillette de 12 ans à Courbevoie au motif qu'elle était juive.
Les clichés ethniques, la femme objet, les gros bras sans cerveau, sont les ingrédients essentiels d'une histoire totalement irréaliste et sans intérêt durant laquelle les armes à feu, les cascades spectaculaires en voiture ou en corps-à-corps, les exploits de para-chute et les morts violentes se succèdent à un rythme frénétique.
Elyas est un ancien combattant des forces spéciales (on ne sait lesquelles) qui souffre de troubles post-traumatiques. Voilà un sujet qui pourrait être intéressant. Mais à part quelques allusions pour rendre cet excellent acteur, Roschdy Zem, plus angoissant et imprévisible dans son déchaînement de violence, cet aspect se dissout dans les inanités qui sont supposées motiver ce Fort Cha-brol pour délirants.
Alors certains défendent ce film en arguant qu'il s'inspire de faits réels : la séquestration de jeunes filles destinées à de luxueux mariages forcés dans les Émirats arabes. Sujet certes grave, mais ici il ne sert que d'amorce à un feu d'artifice abominablement toni-truant, sanglant et insoutenable moralement. Mais soutenu par le Tax Shelter belge...