L'histoire, peu banale, est celle de deux jeunes enfants, fils de la même mère mais de deux pères différents qui, après la guerre, sont abandonnés par leur mère et les personnes qui en avaient pris soin un moment. Le récit nous est conté par le cadet, Michel. La singularité du film tient à l'alternance des époques évoquées au départ d'un drame fondateur. Nous verrons quelques moments vécus durant 7 années par ces deux jeunes enfants sauvages, puis les mêmes, adolescents, et aussi plusieurs séquences de leurs vies d'adultes.
Tout cela est « vrai », raconté dans un livre par le cadet survivant, ce qui fait accepter certains aspects « invraisemblables » de cette histoire, et commentée parfois off par Michel.
Personnellement je ne suis pas « entré » dans le récit à cause de trop d'invraisemblances justement, à cause aussi de l'air bien portant des 4 jeunes enfants aux joues rebondies qui incarnent plus des sauvageons des beaux quartiers en vacances que des enfants sauvages.
Bien entendu l'on ne peut rester insensible à ce lien fraternel tout à fait singulier qui, malgré un secret non partagé, donnera à la relation entre ces deux frères devenus adultes, une puissance étonnante.
C'est le deuxième long métrage d'un réalisateur qui, à mes yeux, n'a pas pu restituer de façon crédible les moments signifiants du récit, interprétés avec maladresse par des acteurs en roue libre. La musique très présente est un peu en décalage avec les moments qu'elle est sensée soutenir. C'est assez dommage de voir ainsi mal-traité un sujet exceptionnel. Peut-être un jour verra-t-on un autre film mieux écrit et bien interprété, frère de celui-ci.