Ce film est d'abord un document sociologique sur un milieu très difficile à pénétrer, celui des bandes de motards américains. Et le biais choisi par le réalisateur est celui du récit fait par un inter-viewer-photographe qui a vécu quelques années en immersion parmi ces gentlemen et qui a publié en 1967 un livre de photos qui a inspiré ce film dans lequel nous voyons Danny Lyon dans l'exer-cice de son métier. C'est une jeune femme qui sera le personnage à suivre durant ces quelques années. Elle s'exprime souvent en voix off en reproduisant des extraits d'interviews d'époque.
Les allusions aux films The Wild One et Easy Rider sont appuyées à certains moments de l'histoire. L'esthétique de l'époque est souli-gnée aussi par l'usage de la pellicule argentique des années 60 et une photographie très léchée. Le soin mis à refaire les blousons de ces bandes de voyous, appelés des « cuts », est impressionnant car ces vêtements désignent le groupe auquel appartiennent ceux
qui les portent : Hell's Angels, Vandals,... dans ce milieu très com-munautariste.
Il est amusant de retrouver cet excellent acteur, Austin Butler qui avait incarné Elvis (989) de façon si brillante. Il fait la petite frappe dans ce film-ci qui réunit des gros bras gominés, des gros cubes et des gros cons qui s'expriment à coup de pelles, de bastons, de pieds et de poings ce qui donne au film un côté « corrida collective motorisée » durant laquelle plus on est laid, violant et brutal, plus on est respecté.
Si cela vous tente, allez faire un tour pour suivre ces engins bruyants utilisés par des gens peu brillants.