La vengeance est un plat qui se mange d'autant plus froid que le festin est long. Mais il ne donne pas l'impression de longueurs. Que du contraire ! Les deux parties (ce qui se passe jusqu'à l'évasion puis le retour du détenu) s'enchaînent de façon très dynamique et ce qui fait l'unité du film, c'est sa beauté fastueuse, les images superbement éclairées avec des traits de lumières extérieures qui structurent les intérieures de façon saisissante. Le travail de l'équipe de décoration est éblouissant, les bouquets, les acces-soires, tout est très soigné et concourt admirablement à restituer l'époque, celle où l'on s'habillait avec une élégance recherchée, por-tait chapeau, et parlait une langue très travaillée.
Les décors intérieurs et extérieurs contribuent de façon essentielle au charme du récit et les scènes en mer sont irréprochables. Tout cela dégage une élégance très haut de gamme dans la cinématographie française, dans la lignée des 2 films inspirés du même auteur, Les Trois Mousquetaires (1169-1319).
Le casting est parfaitement à la hauteur avec des acteurs et des actrices toutes et tous de grand talent.
Il faut faire preuve de bienveillance pour cet incroyable retour d'Ed-mond Dantès que personne ne reconnait... Malgré le travail complexe de maquillage, la supercherie est difficile à accepter. Mais soit, cela fait partie du charme de ce récit.
Il m'a semblé que les graves questions de justice ou de vengeance, sans créer de longs discours, sont bien mises en avant, de façon in-terpellante, comme celles de la consolation qui ne saurait rempla-cer le bonheur. Et la différence entre attendre et espérer est bien soulignée par les situations décrites et la magnanimité dont il faut parfois se montrer capable pour sortir d'un conflit, fût-il d'honneur, voire mortel.