Lorsque l'on s'apprête à voir un film de cet auteur, il faut se préparer en repensant à The Lobster (208), The Killing of A Sacred Deer (447), The Favorite (584) Poor Things (1353).
Ici, il faudra faire preuve de plus que d'une Sorte de gentillesse, car le film m'a semblé n'avoir ni queue ni tête.
Il est pourtant structuré comme un triptyque, chaque partie ayant son titre et son générique propre. The Death of R.M.F, puis R.M.F is flying et enfin R.M.F. eats a sandwich. A ce sujet, ne quittez pas la salle avant la fin du générique, quels que soient votre degré d'exaspération et votre besoin d'air frais ; il y a une petite surprise qui récompense les plus endurants.
Les 3 acteurs principaux sont de chaque épisode. Ce sont des grands talents mais nous les sentons ici abandonnés, sans histoire, sans cap à suivre et entièrement dominés par un réalisateur démiurge qui tente de dénoncer la domination, celle des hommes (c'est amusant dans le début) et celle des femmes (Emma Stone en est un superbe vecteur).
L'emprise est illustrée notamment par une scène assez peu crédible d'un accident volontairement provoqué entre deux voitures et ses suites. D'autres moments visent le même but. Soit...
Il y a des scènes savoureuses ou horrifiques qui retiennent l'attention par leurs singularités, leurs audaces formelles, leur humour souvent au X degré, bref un film non dépourvu de qualités. Mais dépourvu de sens et cela provoque chez les spectateurs des réactions très contrastées, il faut dire maintenant que le film est « clivant ». Et c'est un euphémisme.
Ce qui m'empêche d'adhérer à ce type d'œuvres, c'est que les éléments donnés à voir semblent sans fondement autre que le plaisir du réalisateur de les filmer en nous donnant l'impression désagréable d'être trop crétins pour le comprendre. Bref, une œuvre peu cartésienne et c'est une manière de m'exprimer avec une sorte de gentillesse.