Mais ce film lui, va très vite ! C'est un polar qui se déroule pendant une nuit. Les rebondissements sont nombreux et surtout c'est l'originalité de la situation imaginée et son traitement qui retiennent l'attention.
Un humble serrurier de nuit qui paye ainsi ses études va se faire piéger de superbe façon. Le démarrage de l'histoire est un peu minutieux, lent et trompeur, ce qui aide à installer un climat et une ambiance nocturne ambrée qui ne nous quittera pas. A découvrir à l'écran.
Et comme c'est un premier film, on ne tiendra pas rigueur au scénariste/réalisateur de quelques situations disons un peu forcées pour relancer l'action. La panoplie complète de scènes de violence est mise en scène, mais sans excès : poursuites en voiture, tortures, coup de feu, fuite à vélo dans le métro et à la fin du film une course contre la montre qui crée une tension et un climax bien mené pour ce récit, certes « de genre », mais qui ne redoute pas les comparaisons. Romain Duris fait une prestation de grand mafieux qui ne manque ni de charme ni de talent. Le jeune Jonathan Feltre est tellement juste et crédible qu'il ne semble pas jouer un rôle mais défendre sa peau, et avec une énergie inépuisable. Un mot encore de Natacha Krief qui est l'anti-modèle sexy, et elle l'assume avec énormément de conviction. Amusant de voir le chanteur Mustil en crapule, ce qu'il réussit mieux qu'à l'Eurovision.
Les bruxellois apprécieront que leur ville soit utilisée très habilement pour tous les décors extérieurs. Ne traînez pas à aller en salle, ce genre de film plein d'adrénaline, sans vedette mais avec des talents émergents mérite d'être soutenu pour ses grandes qualités d'écriture, d'interprétation, de montage et d'image, et il en annonce certainement d'autres d'un réalisateur belge à suivre.
La « nouvelle génération » des cinéastes belges ne va pas traîner à sortir de la nuit.