C'est le portrait d'une gardienne de prison que l'on suit au quotidien de sa vie carcérale, jusqu'au dénouement final aussi imprévu que d'une intense émotion.
Sa vie est rythmée par les portes et les serrures dont l'utilisation résonne chaque fois comme des coups de gong dans ces espaces réverbérant et labyrinthiques.
C'est un film minimaliste, intrigant mais sans intrigue, pratiquement en huis clos sauf deux séquences qui s'enchaînent à la fin.
Il est intéressant de voir que dans cette prison pour hommes qui ne sont pas des enfants de cœur, les femmes occupent des fonctions qui parfois les exposent à l'agressivité des détenus, même si notre personnage principal se consacre aussi à des séances d'apprentissage de reprise de contrôle de soi, d'abandon de l'agressivité qui mine ces prisonniers.
L'arrivée d'un nouveau détenu, que l'on nomme comme les autres par son numéro de cellule va instiller petit à petit une curiosité pour le spectateur qui essaye de deviner en quoi ce nouveau venu fascine la gardienne, interprétée de façon magistrale par Sidse Babett Knudsen.
Cette actrice danoise avait un rôle éblouissant dans The Guilty (525) de ce même réalisateur danois, et je me permets de suggérer la (re)lecture de mon billet qui atteste de la constance du talent de ce metteur en scène si singulier et remarquable.
Nous avions déjà admiré cette actrice qui travaille en 3 langues, ce qui lui permit d'être jurée dans le film L'Hermine (173), la femme qui fut aimée par le président de la cour, interprété par un Luchini égal à lui-même. Elle avait admirablement assumé le rôle phare dans La Fille de Brest (415) et des rôles en anglais dans Inferno (314) et Club Zero (1448) e.a. participations d'une remarquable carrière.
Sons suscitera sans doute quelques réserves dues à des moments peu crédibles. A cet égard, voyez La Peine (1464). Personnellement j'ai ressenti le film sous l'angle de la relation au pouvoir et de l'inanité des peines de prison qui ne font qu'aggraver l'exclusion sociale au mépris de la réinsertion qui devrait être l'objectif d'une « bonne » justice.